Le concept d'autoroutes de l'information appartient désormais à l'histoire des réseaux et des technologies de l'information. Une histoire certes récente, mais dont la particularité est d'avoir connu un déroulement rapide qui a vite dépassé les visions stratégiques et politiques élaborées dans la première moitié des années 1990. Celles-ci reposaient sur deux concepts clés : la convergence et les autoroutes de l'information. Tandis que la notion de convergence permettait de résumer les acquis de la numérisation et de la généralisation du protocole IP (à l'origine d'Internet) ainsi que la réunion des industries de l'informatique, des télécommunications et des médias audiovisuels, les autoroutes de l'information représentaient l'objectif d'une politique planétaire de rénovation des infrastructures sur laquelle reposerait, croyait-on, la société de l'information, garantissant l'accès du plus grand nombre à une multiplicité de services, de données et de contenus.
L'idée principale qui guidait l'emploi de l'expression autoroutes de l'information consistait dès l'origine à définir une architecture et une infrastructure uniques de réseaux sur le modèle des autoroutes, avec une large capacité de débit, une aptitude au transport de tout service multimédia, une desserte la plus universelle possible, et une technologie unifiée, ce qui n'apparaissait pas possible en l'état des infrastructures de réseaux existantes.
Plus qu'un concept donc, le terme d'autoroutes de l'information a donc initié une vaste réflexion sur le développement des réseaux du futur, leur technologie et leur plan de déploiement, ainsi que sur les investissements qui devaient leur être consacrés. Cela a donné lieu à un important travail de prospective dans la plupart des pays industrialisés et dans les formations internationales regroupant ces pays (G7, devenu G8 par la suite, Commission européenne), qui a abouti à la définition d'objectifs de politique publique, notamment en termes d'encadrement et de régulation des télécommunications, en particulier les décisions de déréglementation et d'ouverture à la concurrence prises à partir de la seconde moitié des années 1990. Là où le technicien et l'ingénieur parlaient de réseaux à large bande, de haut débit et de nouveaux services, les politiques évoquaient les autoroutes de l'information.